Description

Tout d’abord, à l’inverse des forts, où des organes de tirs spécifiques (caponnières et coffres) assurent l’interdiction du fossé, l’ouvrage de Froideterre possède un profil « triangulaire » : son fossé, doublé par une grille et un réseau de barbelés, est commandé directement par des mitrailleuses sous coupole placées sur la crête de feu. Il appartient à la famille des ouvrages dernier cri construits ou entièrement repris à partir de 1900 devant Verdun pour renforcer la défense des intervalles et remettre la place « à niveau » des progrès de l’artillerie de siège, à l’image de Déramé, la Laufée ou La Falouse.Le plan permet de distinguer quatre ensembles isolés, qui ne furent reliés entre eux par une gaine souterraine profonde qu’à la fin de 1916. Le casernement bétonné sous manteau de terre (A) prévu pour 142 hommes, possède sur son flanc droit des organes de tir (B) destinés à la défense rapprochée : tourelle cuirassée pour la mitrailleuse de droite et cloche observatoire. Au centre, un bloc de tir indépendant est équipé d’une tourelle à éclipse (C) pour deux canons de 75mm. Cet élément qui peut tirer des projectiles variés, est destiné autant à la défense de l’intervalle Froideterre-Douaumont qu’à la défense rapprochée.  Sur le flanc gauche (sud) émergent d’un massif de béton une seconde tourelle (D-mitrailleuse de gauche) et son observatoire, disposé en contrebas et qui renseigne la tourelle de 75. Ce petit bloc est complété par un abri de rempart.  A l’extrême gauche, l’arc de l’ouvrage est fermé par une casemate de flanquement (E) à profil bas pour deux canons de 75mm, dite « casemate de Bourges ». Equipée de pièces d’artillerie de campagne montées sur un affût spécial, elle était destinée à flanquer l’ouvrage de Charny, de l’autre côté de la vallée de la Meuse.