Sa construction s’est faite en 1927 par l’entreprise Demenois, sur les plans de MM. Delangle et fils, architectes à Verdun. Face à l’édifice détruit par la guerre, elle occupe l’emplacement de l’ancienne mairie-école (cf BIB n°9). Son gros oeuvre utilise le calcaire : pierre de taille et moellon recouvert d’un enduit. La couverture allie la tuile mécanique et l’ardoise pour le clocher. L’église est de plan allongé, à un vaisseau (1), avec une voûte en berceau ; sa toiture est à longs pans avec croupe (2) et flèche polygonale. La tour clocher est en demi hors oeuvre en façade. Le chevet (3) est polygonal.
Comme dans la majorité des édifices reconstruits à cette époque, les matériaux résistants et économiques remplacent les matières nobles telles que la pierre de taille ; la peinture décorative vient pallier la réduction des sculptures. Les frises au pochoir s’associent aux symboles. Le choeur de tonalité bleu gris, parsemé de motifs jaunes, montre la trinité au centre dans un ensemble rayonnant ; elle est aussi reprise en symbole sur l’arc triomphal. Au bas des murs, la communion est évoquée par des grappes de raisin alternant avec des épis de blé. Dans la nef peinte en jaune pâle, on reconnaît successivement sur la voûte : le pélican et ses petits (la bonté), la tête du Christ crucifié (la Passion) et 2 colombes sur une coupe. Les 4 arcs sont ornés de guirlandes de grappes de raisin. Sur les murs latéraux, 2 monogrammes encadrent la croix. Ils sont formés des lettres grecques X et P, premières lettres du mot Christ, accompagnées d’alpha et oméga, 1ère et dernière lettres de l’alphabet symbolisant le commencement et la fin.
Les verrières ne sont pas signées. Mais l’iconographie et la disposition utilisées sont très proches des vitraux de l’église de Vacherauville réalisés par Jean François AUTE. Parallèlement à l’érection des monuments aux morts, des oeuvres artistiques se rattachant à la mémoire du conflit sont apparues dans les églises après la première guerre mondiale. Celle de Bras ne fait pas exception. Parmi les vitraux offerts par les paroissiens lors de la reconstruction du lieu de culte, l’un d’eux, « les deux sacrifices« , évoque le souvenir de deux frères morts au champ d’honneur, René et Pol Latrompette.
Le chemin de croix est l’oeuvre de Lucien Lantier (27/7/1879-1960), médaille d’or au salon des artistes français en 1921 et conservateur au Musée de la Princerie de Verdun. D’après une habitante de Vacherauville, l’abbé Bonne, curé des deux paroisses, l’aurait installé dans notre église alors qu’il était initialement destiné à son annexe.
Contrairement aux idées reçues, notre église, bien que récente, conserve du mobilier et des objets antérieurs à 1914, dont il est difficile d’affirmer la provenance : récupération de l’ancienne église ? don des communes libérées ? évêché ? La chapelle des morts à droite de l’entrée abrite un ancien autel en chêne peint gris et doré datant du 19ème siècle. Le tombeau porte en son centre une croix de Malte rayonnante. Le tabernacle du 18ème siècle qui le surmonte, en chêne lui aussi, est peint en blanc et doré. Il est sculpté sur ses trois faces et orné de guirlandes de fleurs et décor rocaille. Sur la porte : l’agneau pascal, symbole de la crucifixion et de la résurrection au dessus du livre aux sept sceaux, les instruments de la passion et une nuée rayonnante. Le côté droit montre un ostensoir, un ciboire et un rameau d’olivier ; le gauche : un calice, une croix, une étole et un autre rameau d’olivier. Dans la nef au-dessus de l’entrée, le Christ en bois peint est du 18ème siècle. Celui du choeur, en bois peint également et datant du 19ème siècle a été replacé sur une croix moderne. La colonne des fonts baptismaux, en pierre, vient d’être restaurée. La cuvette de marbre qu’elle supporte date du 18ème siècle. L’église ne possède pas de statues de bois. Elles sont toutes en plâtre et postérieures à la guerre, sauf peut-être la Vierge à l’enfant dans la chapelle à droite de l’entrée, qui pourrait être en terre cuite et remonter à la fin du siècle dernier.
Notes 1 vaisseau : en architecture, espace intérieur, en général allongé, occupant la plus grande partie de la hauteur d’un bâtiment ou au moins plusieurs étages (nef à 1 ou à 3 vaisseaux). 2 croupe : pan de couverture de l’extrémité d’un comble, généralement triangulaire. 3 chevet : partie postérieure externe, du choeur d’une église.
Sources Inventaire du patrimoine de Lorraine. Canton de Charny (Centre de Documentation du patrimoine, 29 rue du Haut Bourgeois, Nancy)«La peinture décorative dans les édifices religieux». La Meuse Touristique n°14 (juin 1933).
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