Les débuts avant 1900
La première école
Par la loi Lakanal du 25 octobre 1795, la Convention prévoyait la création d’une ou plusieurs écoles primaires payantes par canton. Bras eut donc la sienne, située vraisemblablement avec la mairie et le presbytère à la droite de l’église, c’est -à dire le cimetière actuel. On y enseignait aux deux sexes, dans des classes différentes. L’instituteur et l’institutrice y logeaient tous les deux.
Vu l’exiguïté du logement, le conseil municipal décida en janvier 1845 la construction d’une maison d’école sur la place publique, où résiderait et enseignerait l’institutrice.
Fonctionnement
A cette époque, le traitement des enseignants se composait d’un fixe payé par la commune, de 260 francs pour l’institutrice et 300 francs pour l’instituteur qui percevait en plus 36 francs, pour «conduire l’horloge de la paroisse » et 55 francs pour remplir les fonctions de secrétaire de mairie. Les parents payaient 60 centimes par enfant et par mois pour la classe et 15 centimes par mois du 1er novembre au 1er avril pour le chauffage.Un abonnement annuel de 5 francs encourageait l’assiduité ; car si l’on comptait 56 élèves masculins et 50 élèves féminins en hiver, il ne subsistait en été que 25 garçons et 38 filles, celles-ci étant moins sollicitées pour les travaux des champs.
En 1851, sur le conseil du sous-préfet, l’instruction devint gratuite à Bras, 30 ans avant la gratuité à l’échelon national. Les parents payèrent le chauffage jusqu’en 1866, date où le conseil municipal autorisa l’instituteur à chauffer la classe avec le bois de la mairie et décida que l’éclairage serait payé sur les fonds communaux. C’est aussi en janvier 1851, alors que la place d’institutrice était vacante depuis 6 mois, que le sous-préfet procura à la commune deux soeurs de la Congrégation de l’Enfance de Jésus et de Marie, soulignant qu’ « outre l’instruction qu’elles peuvent donner aux enfants, elles sauront par leur exemple et le respect qu’inspire leur caractère, inculquer dans les jeunes âmes dont elles prendront charge, les sentiments de Dieu et du devoir, leur apprendre des travaux d’aiguille et, en dehors de leur école, aller porter aux malades de la commune leurs soins et leur consolation. » Les religieuses se succédèrent jusqu’en 1905, date de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Melle Labriet pris leur suite jusqu’en 1916, puis après 1919.
Reconstruction de l’école des garçons
Le temps passa. Vu le mauvais état de la maison d’école des garçons et Mairie, la municipalité acheta quatre maisons situées vis à vis du presbytère, là où se trouve l’église actuelle, pour reconstruire un bâtiment. Spacieuse et à la mode de cette fin de siècle, la mairie école suivant les plans de l’architecte Médard fut achevée en 1885.
Considérant que des enfants d’âge scolaire étaient souvent retenus à la maison pour garder leurs frères plus jeunes, la commune décida ,d’ouvrir une garderie dans l’école des filles, à peu de frais en février 1884.
Peu à peu les conditions changeaient. En novembre 1904, le préfet demanda que le balayage des salles de classe ne soit plus effectué par les enfants. Le conseil refusa, considérant qu’il serait difficile de trouver dans la commune une personne pouvant se charger journellement de cette besogne et que la somme nécessaire à cette dépense grâverait assez fortement le budget communal. Mais pour rendre ce balayage plus aisé, le maire chargea quelqu’un de laver tous les mois à grande eau, les salles des deux écoles de la commune. Le tir fut enseigné à l’école des garçons conformément à la circulaire du 26 avril 1907.
Et la guerre arriva. L’Etat Major réquisitionna l’école des filles qui déménagea chez M. Trussard, marchand de chevaux, à l’angle de la route de Charny. La remise de l’école, séparée du bâtiment principal par une cour, servit de poste de soins pour les blessés.En février 1916, le village fut évacué.
En 1919, quand les premières familles revinrent, il était en ruines. Un village provisoire constitué de baraquements, dont l’un d’eux servit d’école, fut monté en attendant la reconstruction. Par économie et en raison du nombre insuffisant d’élèves dans la commune, la reconstruction d’une école mixte, à l’emplacement de l’ancienne école des filles, sur la place fut décidée. M. Delangle, architecte, et M. Demenois, entrepreneur, furent désignés pour la reconstruction des bâtiments communaux. L’inauguration eut lieu un peu après août 1925. En raison du nombre toujours croissant des élèves (47), en décembre 1928 le conseil demanda au préfet l’ouverture d’une classe enfantine, où les enfants seraient maintenus jusqu’à l’âge de 7 ans.
Intercommunalité. Quarante années s’écoulèrent. En septembre 1971, sur la proposition de M. L’inspecteur d’Académie, une troisième classe fut crée. Le conseil sollicita du département le prêt d’un bâtiment préfabriqué destiné aux enfants d’âge pré-scolaire, placé dans le jardin de la commune, à l’est de la place du village (actuelle salle d’animation). En juillet 1973, la municipalité adhéra au regroupement pédagogique des communes de Bras-Charny-Vacherauville et Champneuville. Six mois plus tard, une seconde classe enfantine venait s’ajouter pour faire face à l’évolution démographique, ainsi qu’un nouveau bâtiment préfabriqué servant de salle de jeux et de repos. En octobre 1974, la préfecture autorisa la création d’un Syndicat intercommunal entre les 4 communes assurant la gestion du centre de regroupement scolaire comprenant les classes d’enseignement primaire et pré-scolaire. Portant le nom de « Syndicat Intercommunal Solaire des deux ponts », il fut en vigueur jusqu’en 2002, date de la création de la communauté de communes de Charny et du transfert de la compétence scolaire à cette structure .
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