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Bras sur Meuse

Déblaiment

Les murs encore debouts sont démontés et les pierres empilées : en 1920, il ne reste plus de ruine. Les terres en excédent sont enlevées, on bouche les trous d’obus et on nivelle le sol. Il faut aussi ôter les barbelés et les explosifs, curer les puits.A la fin de la guerre, les cimetières «provisoires» sont nombreux sur le territoire de la commune. Les corps sont exhumés et transférés dans les cimetières nationaux de bras ou d’ailleurs en fonction de leur nationalité. Les terrains sont remis en état et la commune indemnisée pour l’occupation de son sol. Le cimetière de l’écluse est agrandi.Dès 1919, les Régions Libérées mettent en culture les prairies communales et privées et répartissent la récolte en deux meules. En attendant le retour des propriétaires, le foin est vendu à l’armée et le produit de la vente encaissé par le receveur municipal, qui le leur restituera en octobre 1921. Le matériel agricole et les outils font cruellement défaut. Des convois de semences, d’animaux,de machines arrivent d’Allemagne pour être distribués aux sinistrés. «J’avais treize ans à l’époque» raconte une ancienne agricultrice. «On nous a donné deux chevaux, deux vaches mais une seule faux. J’aidais Papa à défricher mais le travail était dur car il y avait plein de ronces. Je m’occupais aussi de lier les bottes».

En octobre 1920, la commune vend à MM. Joly et Haillecourt une parcelle de terrain dite «Le pré dessous Bras» en vue d’y installer un dépôt de matériaux de construction. Pour pallier à l’insuffisance locale de moyens de transport nécessaires à la remise en état des routes, on décide l’exploitation du réseau des voies ferrées de 0.60 établi par les différentes armées. Bras se trouve sur la ligne Nord-Nord-Est reliant Verdun à Samogneux, qui sera utilisée jusqu’en 1922.

De nombreux ouvriers étrangers arrivent à partir de 1921, à la recherche d’un travail stable, pour quelques mois ou quelques années. Ils sont essentiellement italiens, polonais,et portugais, mais aussi serbes, russes ou yougoslaves. D’autres nations comme l’Espagne, la Tunisie, le Maroc sont représentées, en moins grand nombre. Ils travaillent en qualité de manœuvres à la reconstruction, au déminage ou à la récupération. Certains payent de leur vie ce travail : malgré l’armistice, la guerre de 14 tue et tuera encore. Les ouvriers logent dans des baraquements autour des dépôts de cuivre ou dans un grand bâtiment tout en longueur au village provisoire. Des cantines s’ouvrent sur les lieux de travail.

 
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