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Bras sur Meuse

L’occupation au Haut Moyen Age

Un peu plus de 150 structures en creux ont été mises à jour. Il s’agit principalement de trous de poteaux dont la grande majorité forme plus ou moins distinctement des plans de bâtiments.Quatre cabanes excavées ainsi qu’un puits, deux fosses et quelques poteaux isolés complètent l’ensemble. D’emblée le plan s’impose par son organisation spatiale à priori très structurée. L’essentiel de l’habitat est concentré à l’Est de la surface ouverte. Il paraît strictement réparti autour d’un espace vide interprété comme une cour. Dispersés à l’Ouest, une dizaine de trous de poteau et une fosse semblent constituer un prolongement de l’occupation. Deux sépultures ont été découvertes sur la frange orientale du décapage. Les défunts ont été inhumés côte à côte à proximité immédiate de l’habitat. Les rares recoupements stratigraphiques observés témoignent de la succession d’au moins deux phases d’occupation. 

Les fonds de cabane

Le type de cabane à deux poteaux médians est ici surtout représenté. Ces derniers supportaient surement une panne faîtière, les trois éléments formant l’ossature porteuse de la construction. Le fond de cabane comportant six poteaux constitue ci un cas particulier où l’hypothèse d’une panne faîtière parait à écarter. La multitude de trous de piquet illustre par contre parfaitement le mode «d’habillage» de la cabane. Plantés le long des parois, les piquets étaient sans doute destinés à supporter un clayonnage vertical. Enfin, une couverture en matériaux périssables semble l’option la plus appropriée. Rien ne permet d’affirmer la fonction de ces bâtiments. Tout au plus la découverte de deux broches de tisserands permet de dire que cette activité se pratiquait au sein de l’habitat.

Les bâtiments sur poteaux plantés

Le décapage a mis en évidence 130 trous de poteau dont la grande majorité se rattache à des bâtiments. Cinq d’entre eux se caractérisent par leur plan et leur orientation similaire : des poteaux latéraux bornent un espace que scinde un alignement de poteaux axiaux. Le sixième n’est composé que d’une seule nef. Le bâtiments A, C, D. E et F sont rectangulaires, B est hexagonal. Le bâtiment E, qui mesure 20m de long sur 5.50m de large ne faisait peut-être qu’un seul édifice avec le bâtiment F de 10m sur 3.50m. Installé dans le comblement d’un des fonds de cabane, un foyer ovalaire de 1m sur 0.6m est composé d’une soixantaine de galets de quartz et de quartzite et de quelques pierres calcaires brûlées. Quelques restes fauniques y ont té recueillis. Déposés à plat, les galets étaient préalablement chauffés avant de recevoir les aliments. L’utilisation de ce type de foyer est peu connue en contexte altomédiéval, on la retrouve plus fréquemment sur les sites d’époque protohistorique.

La plupart des bâtiments ont bénéficié de renforts. Les bâtiments à deux nefs étaient surmontés d’un toit à double pente, recouvert sans doute d’une couverture ne matériaux périssables. A l’exception du bâtiment C, prolongé par une légère abside au nord, leur pignon était droit. En l’absence de sols conservés et de mobilier significatif, leur fonction n’a pu être établie.

Les aménagements annexes

Le puits

De plan ovalaire, il mesure 2.50 m de long et 2m de large et jouxte le pignon sud du bâtiment A. Sa profondeur n’est pas connue mais un sondage profond de 2m a révélé qu’il comportait des bords droits et ne montrait aucun aménagement visible du conduit.

Autre aménagement

 Il s’agit d’un lit de pierres calcaires non taillées, parfaitement disposées à plat, de calibre variable (0.04 à 0.24m) et de 0.05m environ d’épaisseur.De nombreux galets de quartz et quartzite, longs d’une dizaine de centimètres, y sont mêlés. Perturbé par la pelle mécanique, il semble dessiner un ovale de 3.40m de long et 1.60m de large. Situé dans la cour, à 2 mètres à l’ouest du bâtiment B, il est peut être incomplet. Les restes fauniques découverts sur les pierres ne nous renseignent guère sur sa fonction.

Les fosses et poteaux isolés

8 poteaux assurément non apparentés aux bâtiments, et une fosse de forme oblongue, mesurant 3.80m de long et 0.6 m de large, sont dispersés aux alentours des 6 édifices. Ces fosses «cigares» se retrouvent assez fréquemment sur les habitats du Haut Moyen Age sans que leur fonction ait été clairement établie. A l’ouest, une dizaine de poteaux est une fosse semblent reliés à l’occupation. Il est possible que certains vestiges aient disparu lors de la construction du bâtiment médiéval.

Les sépultures

Nous sommes en présence de deux sépultures isolées, un homme âgé, d’environ 1.61m, et un adolescent de 15 ans et demi à 16 ans et demi, peut-être de sexe féminin si l’on observe les éléments métalliques et les nombreuses perles, typiques d’une sépulture féminine, associés à un habitat rural. Il semble que les deux corps aient été inhumés dans un contenant de matière périssable de type coffre ou cercueil chevillé.

La proximité des tombes et l’âge des individus soulèvent la possibilité d’une éventuelle filiation. Les séquelles osseuses de l’adulte montrent un travail physique très dur ; le contexte rural, propice aux travaux pénibles dans les champs ou dans la forêt et la présence du mobilier funéraire d’accompagnement présentent le sujet comme un paysan. Il est couramment admis que les contraintes paroissiales ne sont pas généralisées avant les 9eme et 10eme siècle et qu’avant cette période, les individus peuvent se faire inhumer dans des endroits variés. De plus, même s’il existe un cimetière paroissial, les sujets les plus pauvres ont rarement les moyens de s(y faire inhumer du fait du coût et de la distance qui les en séparent, ce qui est possible dans la cas présent.

Chronologie de l’habitat

Deux hypothèses sont envisageables . La première serait la superposition de deux phases d’occupation associant ou non fonds de cabane et bâtiments sur poteaux plantés. Les abandons et constructions successifs auraient fini par générer un plan assez peu commun, ce qui est douteux mais ne peut être formellement écarté.

Est il possible qu’à une première occupation, aérée et incomplète, à laquelle se rattacheraient l’essentiel des fonds de cabane, ait succédé un habitat plus organisé composé de bâtiments sur poteaux ? Sommes nous en présence d’unité agricole formant un espace clos comme le suggère l’existence de 2 poteaux massifs qui pourraient matérialiser une entrée ?

En l’état actuel de la recherche, l’habitat rural des 7eme et 8eme siècle se caractérise par une trame souvent lâche de petites unités agricoles au sein desquelles on ne remarque aucune ordonnance notoire. A ce jour le seul habitat mérovingien dont le plan est véritablement agencé est celui de Serris, construit en pierre.

Nous ne savons rien de la fonction de l’habitat des Epichées et la rareté du mobilier ainsi que l’utilisation du bois dans sa construction ne lui confère en rien un statut indigent. 20 ans de fouilles préventives ont considérablement alimenté la connaissance sur l’habitat rural du Haut Moyen Age. Celle ci est toutefois loin d’être complète et évolue sans cesse au fil des fouilles des sites découverts. L’hypothèse d’un plan inédit, même si elle peut paraître marginale, ne doit pas être écartée.

 
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