La laiterie Claudel

L’article qui suit est extrait d’un mémoire sur Bras rédigé dans les années 1960 par Michèle Latrompette, jeune fille du village, dans le cadre de ses études à l’Ecole Normale.La famille Claudel, originaire des Vosges, s’installe à Bras en 1933 après avoir passé 4 ans à Charny. Aidée d’un ouvrier, elle reprend le ramassage du lait effectué depuis la guerre jusqu’à son arrivée par Mme veuve Amélie Colson et ses fils. Ecrémé, il est vendu tel quel ou transformé en beurre ou en fromage blanc.  En 1941, au retour de l’exode, la fabrication de fromages à 0% (conformes à la législation) s’ajoute au commerce du lait qui reprend, les transports s’effectuant  dans une camionnette à gaz. L’entreprise passe en 1948 aux mains du fils, Georges Pierre Claudel. Prenant de l’extension, elle fait travailler 2 fromagers, une emballeuse et un chauffeur en plus de M. et Mme Claudel et des parents qui continuent à donner un coup de main.« Parmi les industries alimentaires, il en est une qui a son importance : celle des produits laitiers. L’Est de la France est réputé pour ses fromageries. Autour de Verdun, les laiteries abondent , Bras possède la sienne dont le propriétaire est Monsieur Claudel. Il effectue le ramassage du lait dans les localités suivantes : Bras, Charny, Belleville-Wameau, soit une quantité qui varie suivant les saisons de 3500 à 4000 litres.L’utilisation de ce lait est multiple :

-vendu dans différentes laiteries – crémeries de Belleville, Verdun, et pour la consommation locale.

-transformé en crème ou en beurre vendus aux mêmes clients.

-servant à la fabrication de yaourts naturels et parfumés, et surtout des fromages à pâte molle (essentiellement camembert) de pourcentage en matières grasses varié. Cette fois l’industrie fromagère dépasse le cadre local. En effet ces fromages seront non seulement vendus sur les marchés de Verdun mais encore expédiés dans les départements voisins : Moselle, Meurthe et Moselle, Ardennes et Paris.

La fabrication des fromages

A son arrivée à la fromagerie, le lait est vidé dans un grand bac. Une pompe le fait alors passer dans un circuit puis dans un pasteurisateur ; ce dernier est chauffé à la vapeur jusqu’à 70°. Le lait pasteurisé est ensuite réparti dans des bassines de 100 litres chacune. Sous l’action de la présure, il forme alors un caillé. Ce caillé est placé à la louche dans des moules pour être égoutté. Il est retourné plusieurs fois dans la journée pour favoriser l’égouttage. Le lendemain matin, les fromages sont démoulés, salés sur le tour et l’une des faces (l’autre le lendemain) et ensemencés de pénicillium candidum (moisissure). Ils demeurent 24 heures au saloir. Le jour suivant ils entrent au hâloir qui est une pièce climatisée à température constante : 12°. Suivant les saisons, ils y restent plus ou moins longtemps, en moyenne 8 jours. C’est là que « la fleur » se développe (l’aspect velouté). Les fromages sont alors mis dans du papier sulfurisé puis dans des boites et caisses en bois qui seront expédiées.

Les spécialités de l’entreprise sont :

Camembert 40% « Le Saint Michel »

Camembert 45% « Claudel »

Camembert 50% « Royal Lorraine »

Demi camembert 50% « Le Petitou »

Carré Meusien 40% « Mon Préféré »

Le coulommiers 40% « Royal Lorraine »

Le camembert 40% « La petite Gigi »

« Le parfait camembert » : pendant la guerre

Le camembert 50% « Le super Claudel »

Depuis 1957, le petit lait est utilisé pour la nourriture de 190 porcs qui sont aussi la propriété de M. Claudel. »

La laiterie fromagerie cessera son activité en 1965.