Au siècle dernier, des publications émanant de « sociétés savantes » sont la preuve d’un intérêt nouveau pour « ces débris d’un autre âge parvenus jusqu’à nous, malgré les hommes et malgré le temps ». Les travaux d’aménagement communaux (adduction d’eau etc…), la canalisation de la Meuse et la construction des nombreux forts et ouvrages défensifs mettent à jour des vestiges de toutes époques. Mais un petit nombre de découvertes est signalé en regard de celles qui ont été faites. M. Félix LIENARD base son travail sur l’étude des voies romaines de notre département, y ajoutant celle des camps antiques situés sur leur parcours, les plans ainsi que le dessin des principaux monuments conservés. Il pense que l’indication des anciennes constructions mises à découvert et celle des objets trouvés dans les localités traversées doivent être simultanées. Ses recherches, d’abord abordées dans les bulletins de la Société Philomatique de Verdun, font ensuite l’objet d’une parution sous le titre « L’ARCHÉOLOGIE DE LA MEUSE ». Une carte d’état major figure le tracé de ces chemins et les statistiques archéologiques du département aux époques celtique, gallo-romaine et mérovingienne. Dans le Tome III de son ouvrage (La partie Nord du département), F. Liénard traite des diverses voies antiques traversant Verdun ou prenant naissance dans cette ville.
Voie d’ordre inférieur de verdun à Mouzon et Stenay
Partant du nord est du castrum, sous le mur d’enceinte de la forteresse de Verdun, la voie d’ordre inférieur de Verdun à Mouzon et Stenay franchit la Meuse à Gravière puis se divise en deux embranchements : le premier se rendant à Trèves par Senon et le camp de Titelberg, le second nous concernant au nord, longeant la rive droite de la Meuse jusqu’à la Galavaude puis Belleville.« A partir de ce point, la voie laisse peu de traces certaines, étant presque constamment occupée par la route moderne ; c’est à l’aide des noms antiques de diverses contrées qui se rencontrent sur son passage, puis des objets mis à découvert sur son parcours, que nous pourrons la suivre dans son trajet. Elle sortait de Belleville pour gravir la côte de la Savonnière (Saponarioe), où il a été recueilli, en 1872 et en 1873, deux objets qui sont conservés dans le musée de Verdun, savoir : une petite monnaie en or, type barbare, à l’effigie de Justinius II, portant au revers une victoire ailée, et une ferrure de cheval à bords ondulés, considérée par divers archéologues comme datant d’une époque très antique. A ce point du territoire de Belleville, la voie laisse à gauche les deux fermes de Montgrignon et de Wameau entre lesquelles il fut mis à découvert, en 1883, dans la contrée dite des caveaux, à 25 mètres de la crête d’une ancienne carrière et sur le petit coteau qui domine le gué de Wameau ainsi que le nouveau pont de Thierville, un sarcophage en pierre formé de deux parties d’égale longueur, mesurant chacune 90 cm et dont les interstices étaient fermés au moyen des pierres champêtres(…).
La voie descendait la côte de Rosières (Rosarium) et se rendait par la Vaux le Cerf au village de Bras où il fut mis à découvert, en 1835, au lieu dit Les Hautes Rives, situé sur les bords de la Meuse, un tombeau en pierre renfermant avec des ossements une lame de glaive ou scramasaxe en fer, une petite fiole en verre et une urne funéraire en terre encore munie de substances grasses. Cette même contrée restitua, en 1867, une lampe en terre rouge, forme bougeoir, qui fait partie du musée de Verdun. Ce musée possède en outre trois monnaies romaines trouvées sur le finage de Bras, ce sont : un denier d’argent d’Alexandre Sévère, recueilli en 1859, un grand bronze de Faustine mère, trouvée en 1870, un autre grand bronze à l’effigie d’ Adrien, R. Hilaritas p.r., recueilli en 1872. Les travaux exécutés à Bras, en 1876 et en 1877, pour la canalisation de la Meuse, firent rencontrer un assez grand nombre de monnaies et d’objets antiques qui furent disséminés ; ceux de ces objets qui parvinrent au musée de Verdun sont : plusieurs bois de cerfs portant des coupures ou traces du travail de l’homme, une fibule gallo-romaine en bronze, très détériorée, une pointe de flèche quadrangulaire en fer, une monnaie gauloise en potin, au type du sanglier enseigne, et huit monnaies romaines à l’effigie des empereurs Auguste, Néron, Domitien, Marc-Aurèle, Gallien, Postume et Tétricus.
La voie se rendait ensuite sur la côte dite à Taloue, territoire de Vacherauville, où elle se croise avec le chemin antique venant de Senon », se prolongeait vers le moulin de Côtelette, Samogneux, longeait le territoire de Haumont jusque Brabant puis Consenvoye.