Aujourd’hui il suffit d’ouvrir le robinet pour obtenir une eau claire et abondante. Mais à une époque pas si lointaine, l’eau puisée à la fontaine puis portée jusqu’à la maison était utilisée avec parcimonie. Le progrès a peu à peu chassé les anciens usages qui imprimaient à notre région un cachet particulier pour un bien être auquel la majorité d’entre nous ne renoncerait plus.
Au début du dix-neuvième siècle, il n’y avait à Bras que la fontaine Saint Maurice placée dans les pâtis de la commune, un lavoir établi en 1830 au dessous de cette source et six puits publics. Ils étaient équipés de pompes et à leur côté un bac en pierre recevait l’eau et servait d’abreuvoir aux bestiaux. La fontaine se tarissait quatre ou cinq mois par an. Si par malheur un incendie se déclarait à cette époque, les maisons touchées étaient la proie des flammes. Les habitants étaient obligés de conduire les bestiaux à la Meuse et les femmes d’y laver leur linge. La lessive se faisait trois fois l’an : avant le « mars », au début de juin avant la moisson et en novembre aux environs de la Sainte Catherine avant les derniers travaux.
En 1865,après dix ans d’efforts, le projet de la mairie aboutit enfin. Après que l’abbé Paramelle ait indiqué des sources suffisantes pour couvrir les besoins de 200 maisons, le drainage du pâtis de Rozières, très aquatique et peu productif, permit l’alimentation en eau de la commune.
Après la première guerre mondiale, les villageois de retour dans les baraques en bois du village provisoire durent se contenter d’un puits unique avec une roue à godets, contre le hangar de M. Duchêne. La lessive était faite au canal. L’adduction des eaux rétablie en 1920 a été suivie de la construction de trois lavoirs, d’abreuvoirs et de bouches d’incendie nombreuses. L’hiver, le lavoir de la fontaine Saint Maurice était très prisé : le linge y était plus doux, l’eau plus chaude. Elle fumait même dans le froid.
La deuxième guerre mondiale a causé quelques dommages aux toitures et les vitres brisées des lavoirs ont été réparées, mais le lavoir de la rue Ferdinand Henry n’a pas recoulé. Avec l’avènement de la machine à laver, les lavoirs et abreuvoirs ne coulent plus et ont été peu à peu reconvertis. Bacs à fleurs, entrepôt ou salle de réunion, ils ont perdu leur fonction originelle. Mais « ils n’en restent pas moins des éléments importants de notre patrimoine. A ce titre il est important de les restaurer, de les protéger, voire de les mettre en valeur. ». Une chose est certaine, Bras et un pays d’eau.
La commune de Bras est privilégiée en ressource d’eau potable disponible même en cas de sécheresse, mais par contre pénalisée sur une partie de son territoire par une zone de protection des puits de pompage. Certes, l’eau doit être protégée des pollutions de toute nature pour éviter de la traiter et l’économiser, car c’est un bien précieux et que beaucoup de personnes en France et dans le monde ne peuvent en disposer à volonté.
Manquerons-nous d’eau à Bras ? Non, sauf défaillance de pompe ou d’électricité mais l’ancienne source pourrait nous dépanner.
Provenance de l’eau
C’est l’eau qui tombe du ciel qui approvisionne les réserves du fleuve Meuse, l’eau et la neige pour les plus grands fleuves. L’absence de neige en altitude depuis deux hivers prive d’eau beaucoup de régions. Cette neige qui fond lentement en été régule , avec les grands barrages, le cours de certains fleuves.
L’eau au robinet
Pour Bras avant 1975, nous avions une source qui drainait les eaux de surface dans la zone rouge mais fragile sur le plan bactériologique par la présence d’animaux sauvages et tous autres incidents du monde moderne. Au début de mon exposé, je parlais de commune privilégiée. Oui, pour deux raisons : configuration du sous-sol et expérience d’exploitation de la réserve de la nappe sous alluviale sur le territoire de 1960 à 1965.
Les Côtes de Meuse sont constituées de roches calcaires poreuses à 10% avec de nombreuses fissures. Plus on descend sur la vallée, l’argile fournit un écran de protection pour éviter l’écoulement trop rapide de l’eau, ce qui permet à la réserve d’eau de s’écouler lentement tout au cours de l’année dans les sources et ruisseaux.
Autrefois, BRAS était alimenté en eau par tout un réseau de captages situés dans la forêt domaniale au lieu-dit « Les Sources du Roi de Prusse ». Une conduite en fonte approvisionnait en permanence un réservoir semi-enterré de 200 m3, situé au dessus du Lotissement de Charmois. Cette infrastructure, si elle ne fournit plus aujourd’hui d’eau potable (pour cause de débit et de qualité bactériologique) alimente encore la prise d’eau utilisée par les agriculteurs pour leurs traitements, dessert au passage un bac à eau pour quelques bovins pâturant sur la côte et verse son trop plein dans la fontaine Saint Maurice, en amont du lavoir et rejoignant le canal près de l’écluse.
En 1974, les villages de Bras, Charny et Vacherauville se sont réunis afin de mettre en commun leurs ressources pour améliorer la gestion de la distribution de l’eau potable tout en réduisant les frais de fonctionnement. Ainsi fût créé le Syndicat d’adduction des Eaux Potables de La Forestière. Le village de Marre le rejoignit en 1994. Mr Warin en fut le premier Président.
Depuis cette date l’eau distribuée par tout le syndicat provient d’une station de pompage située en amont de Bras, au bord du canal, au lieu-dit « Le Petit Bras ». L’eau est puisée à une profondeur d’environ 18 mètres, par 2 pompes de 75 m3/heure fonctionnant en alternance, dans une nappe alimentée par les précipitations reçues par les Côtes de Meuse au sol calcaire. Elle est ensuite dirigée vers le réservoir de Bras située à l’entrée de la forêt de Douaumont, d’une capacité de 220 m3 et doté d’un régulateur de pression, il va également alimenter par le réseau le réservoir de Vacherauville et celui de Charny qui lui-même va fournir le village de Marre. Le château d’eau de Bras commande la station de pompage par une liaison téléphonique avec contrôles et alertes en cas d’incident chez le Président ou le vice-président.
Depuis les dernières élections municipales, la composition du Syndicat est la suivante :
- Président : Alain Housson
- Vice-président : Jean-Marie Etienne
- Représentants de la commune de Bras : Bernard Pirot et Michel Remy
Les relevés de compteurs sont effectués par Daniel Montanaro et le secrétariat assuré par Anne Henrion à la mairie de Charny. Aujourd’hui les principales préoccupations du Syndicat des Eaux sont liées à l’entretien du réseau (dont Bras, qui a l’infrastructure la plus ancienne, tient le haut du pavé), à son extension (création de lotissements) et à la maîtrise des coûts : recherche des fuites, adéquation des heures de pompage aux tarifs EDF. Le budget est d’environ 100000 € pour 680 abonnés et près de 90000 m3 distribués. Il est à noter que même avec une population en augmentation la consommation reste stable sur les dernières années.
Si les médias évoquent souvent le prix de l’eau et les augmentations exorbitantes dont il est l’objet, nous bénéficions au sein du Syndicat d’un tarif modéré, de l’ordre de 1 € le mètre cube. Mais lorsqu’on règle sa facture d’eau, on ne paie pas uniquement l’eau. La redevance de raccordement est facturée actuellement 8 €uros par Semestre. Le Syndicat des Eaux est aussi percepteur, pour le compte d’autres collectivités, de taxes « assises » sur l’eau. Il s’agit principalement des taxes agence de Bassin et préservation de ressource en eau, toutes deux reversées à l’Agence de Bassin Rhin-Meuse pour 0.395 € /m3.
La différence soit 0.605 € /m3 sert principalement à payer l’électricité utilisée pour alimenter les pompes de la station, entretenir le réseau d’alimentation avec les compteurs et à régler les frais de gestion. Enfin, comme la plupart des produits de consommation courante, l’eau est soumise à la Taxe sur la Valeur Ajoutée, au taux réduit de 5,5 %.
Une deuxième facture se rajoute pour le traitement des eaux usées. Cette redevance, perçue par Véolia qui gère la station d’épuration située à BELLEVILLE est calculée sur la consommation d’eau de chaque abonné au réseau sur la base d’environ 3.5 € ttc par m3 d’eau et cela même si cette eau n’est pas rejetée dans le réseau public.
Le cumul des différents couts et la préservation de notre nappe phréatique doivent nous inciter à rester vigilants sur notre consommation d’eau, récupérer au maximum les eaux de pluie pour les arrosages extérieurs et en particulier veiller à ne pas avoir de fuites pouvant s’avérer très onéreuses si elles ne sont pas réparées rapidement.
L’eau du réseau subit une analyse complète tous les six mois à la station de pompage et plusieurs fois dans l’année au hasard chez des particuliers dans chacun des quatre villages. S’il s’avérait qu’une analyse fasse apparaître la présence d’une bactérie, l’eau serait traitée ponctuellement sur le lieu de l’infection dans l’un des trois châteaux d’eau. Sinon l’eau extraite de notre nappe n’a besoin d’aucun traitement de désinfection, au contraire elle est d’excellente qualité et donc à consommer sans modération.
Ci-dessous un reportage sur France3 en 2008 (l’eau de Bras)