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    26/01/2016
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Les deux sacrifices

Parmi les vitraux offerts par les paroissiens lors de la reconstruction du lieu de culte, l’un d’eux évoque le souvenir de deux frères morts au champ d’honneur, René et Pol Latrompette.Soldat de 2ème classe au 166ème RI, René a disparu le 11/10/1914 à  Champlon (Meuse) è  l’âge de 24 ans. Son corps n’a été retrouvé et identifié qu’après le conflit. Son frère Pol était de deux ans et demi son cadet. Le 20/12/1914, il rejoignit un secteur déjà  connu, le bois de Consenvoye, aux côtés des hommes du 1er et 2ème bataillons du 165ème RI auquel il appartenait. Le régiment, en liaison avec les chasseurs du Lieutenant Colonel Driant, s’empara de la côte de Brabant et de la corne sud-est du bois de Consenvoye. Les chasseurs, plus éprouvés, se retirèrent. Et du 23/12/1914 au 2/5/1915, les 2 bataillons du 165ème tinrent ce secteur dangereux, faisant constamment du combat rapproché et ayant à  enregistrer tous les jours des pertes sensibles (1). Pol y est mort à  son poste le 19/2/1915. Cité à  l’Ordre du Régiment, il a été décoré de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre avec étoile de bronze à titre posthume.C’est cette bataille qu’évoque « les deux sacrifices ». Le bas du vitrail représente un soldat en uniforme bleu horizon, la baïonnette au côté, certainement blessé malgré l’absence de sang. A demi-couché par terre à  côté d’un canon, sa main gauche serre encore son fusil. Les deux doigts tendus de la main sur sa poitrine semblent ébaucher un signe de croix. Les traits particulièrement vrais du visage laissent à  penser que sa photo a servi de modèle à  l’artiste. Son expression reflète le calme et la sérénité : l’église n’est pas l’endroit où l’on figure l’horreur de la mort et les atrocités de la guerre.

En arrière-plan, les troncs déchiquetés symbolisent le bois tandis que la maison au sommet des collines nous rappelle que le défunt est loin de chez lui et des siens. Le Christ surplombant le champ de bataille évoque la foi chrétienne, la mort et la rédemption. Il accueille les deux anges gardiens, mains jointes en prière et les ailes en camaïeu bleu, anges qui protègent les mortels et assurent la liaison entre la terre et le ciel, entre les hommes et Dieu. Au 16ème siècle, Raphael peint Dieu écartant les nuages pour laisser passer la lumière qu’il sépara des ténèbres. On les retrouve en fond derrière les anges. Entre le rose parme du ciel et les couleurs sombres de la terre, les teintes vives symbolisent la lumière crée avec les anges. Nous ne connaissons pas l’artiste, aucune des verrières de l’église n’étant signée.

Depuis 1992, M. Jean LAPARRA a visité une soixantaine d’églises et de chapelles meusiennes pour recenser ces vitraux. Vous pouvez découvrir le résultat de son travail dans: « Vitrail Commémoratif de la Grande Guerre en Meuse. Monument de Lumière », livre écrit en collaboration avec Jean-Claude LAPARRA et Valérie PノCHノ, attachée de Conservation au Service Départemental des Musées à Sampigny, illustré par Patrick MARTIN, paru en juin 1998.

NOTES

1. Historique du 165ème RI pour la période de la 1ère Guerre Mondiale.

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